Le bon arbitrage se joue dès le versement.
Lorsqu’une prime d’intéressement ou de participation est affectée à un PER COL-I, l’enjeu n’est pas le même que lorsque la somme est payée immédiatement : dans le premier cas, l’exonération d’impôt sur le revenu peut être conservée sous conditions de délai, de plafond et d’indisponibilité ; dans le second, la somme rejoint en principe les traitements et salaires. En 2026, le plafond annuel de la Sécurité sociale est fixé à 48 060 €, ce qui porte à 36 045 € le plafond d’exonération de l’intéressement et de la participation par bénéficiaire. (urssaf.fr)
Contenu fiscal à titre informatif uniquement : il ne remplace pas une analyse personnalisée de votre accord, de votre plan et de votre situation déclarative.
Comprendre l’articulation entre intéressement, participation et PER COL-I
Le PER d’entreprise collectif peut être mis en place au niveau de l’entreprise ou dans un cadre interentreprises. Il reçoit notamment les versements volontaires, les sommes issues de l’intéressement, celles issues de la participation et certains abondements ou transferts, avec une logique de compartiments distincts selon l’origine des fonds. (service-public.gouv.fr)
Intéressement : l’exonération suppose une affectation rapide au plan
Les sommes d’intéressement affectées à un plan d’épargne salariale ou à un plan d’épargne retraite d’entreprise sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite des trois quarts du PASS, à condition d’être versées dans le plan dans un délai maximum de quinze jours à compter de leur perception. En 2026, ce plafond s’établit donc à 36 045 € par bénéficiaire. Au-delà, l’excédent redevient imposable dans la catégorie des traitements et salaires. (bofip.impots.gouv.fr)
Participation : même logique d’exonération, avec un régime propre
La participation suit une logique proche : lorsqu’elle est affectée à un plan d’épargne salariale ou retraite d’entreprise et que la période d’indisponibilité est respectée, elle bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu dans la limite de trois quarts du PASS, plafond proratisé en cas d’année incomplète. Si les sommes sont versées immédiatement, elles deviennent en revanche imposables comme des salaires au titre de l’année de leur mise à disposition. (bofip.impots.gouv.fr)
PER COL-I : une enveloppe retraite, pas un simple compte d’attente
Le PER COL-I n’est pas un réceptacle neutre au sens civil du terme : c’est un compartiment collectif de retraite. Il est alimenté par des sommes d’épargne salariale et, tant que la logique du plan est respectée, les sommes issues de l’intéressement, de la participation et de certains abondements affectées volontairement au plan sont exonérées d’impôt sur le revenu à l’entrée. La contrepartie est connue : l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé légalement prévus.
Plafonds, délais et exemples chiffrés
Le plafond clé de 2026
Le plafond de référence est simple à retenir : avec un PASS 2026 de 48 060 €, le plafond d’exonération individuel pour l’intéressement et la participation placés sur un plan s’élève à 36 045 €. C’est ce seuil qu’il faut surveiller en priorité lorsque l’on compare une perception immédiate et une affectation au PER COL-I. Dans le même ordre d’idées, l’abondement de l’employeur au PER d’entreprise collectif est plafonné par les règles du plan : le plafond affiché par Service-Public est de 7 690 € en 2026. (urssaf.fr)
Exemples chiffrés parlants
- Exemple 1 : un salarié perçoit 25 000 € d’intéressement et en affecte 20 000 € sur un plan. Il est exonéré d’impôt sur le revenu sur les 20 000 € investis, et imposé sur les 5 000 € conservés en cash. L’exemple officiel du BOFiP ne retient pas l’incidence de la CSG-CRDS, ce qui rappelle qu’il faut toujours distinguer fiscalité et prélèvements sociaux.
- Exemple 2 : un salarié perçoit 40 000 € d’intéressement en 2026 et choisit de tout placer sur le plan. L’exonération d’IR ne joue qu’à hauteur de 36 045 € ; les 3 955 € restants deviennent imposables, sauf autre mécanisme légal propre à sa situation. (urssaf.fr)
- Exemple 3 : pour la participation, si le montant attribué est inférieur au plafond individuel et que l’indisponibilité est respectée, l’exonération est acquise dans les conditions du plan. À l’inverse, un versement immédiat est traité comme un salaire imposable.
Le délai de 15 jours pour l’intéressement
Le délai de quinze jours est décisif. Il ne s’agit pas d’une simple formalité administrative : si l’intéressement n’est pas versé dans le plan dans ce délai, l’exonération d’impôt sur le revenu attachée à l’affectation perd son efficacité. Le même raisonnement vaut pour les intérêts de retard versés sur l’intéressement : ils ne suivent le régime favorable que s’ils sont eux aussi réinvestis dans le délai.
Pour un chiffrage plus fin, notamment lorsque le dossier mêle plusieurs sources de versement, une lecture croisée avec l’accompagnement en droit fiscal permet souvent d’éviter une erreur de ventilation entre salaire taxable, épargne bloquée et versement exonéré.
Exonérations sociales : ce qui reste dû et ce qui ne l’est pas
Au niveau du salarié
L’exonération fiscale à l’entrée ne doit pas être confondue avec une exonération sociale totale. L’Urssaf classe expressément les primes liées à l’intéressement et à la participation parmi les revenus d’activité soumis à CSG-CRDS, ce qui signifie que le traitement social et le traitement fiscal suivent des voies distinctes. En pratique, lorsqu’une somme est valablement orientée vers le plan, elle échappe à l’imposition immédiate au titre de l’impôt sur le revenu, mais elle ne doit pas être analysée comme si tout prélèvement social disparaissait. (urssaf.fr)
Au niveau de l’employeur
Le régime social de l’épargne salariale n’est pleinement ouvert que si le règlement du plan est régulièrement déposé sur la plateforme dédiée du ministère du Travail. L’Urssaf rappelle également que le forfait social varie selon l’effectif : il est supprimé sur l’intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés et, pour les entreprises de moins de 50 salariés, sur l’ensemble des versements d’épargne salariale mentionnés par la FAQ du ministère. (urssaf.fr)
À ce stade, la lecture du dossier ne doit pas rester théorique. Pour sécuriser l’accord, le règlement du plan et les flux déclaratifs, il est souvent utile de confronter la pratique de l’entreprise à un regard de fond sur nos autres analyses de fiscalité, surtout lorsque la rémunération variable se combine avec d’autres dispositifs d’épargne ou avec une restructuration de groupe.
Comment déclarer correctement les sommes ?
La déclaration 2042
Lorsque l’intéressement ou la participation est versé immédiatement et devient imposable, la somme relève des traitements et salaires et doit être reportée dans les cases 1AJ à 1DJ de la déclaration de revenus. À l’inverse, les sommes valablement affectées au plan et exonérées à l’entrée ne doivent pas être requalifiées en salaire. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, la déclaration papier devait être déposée au plus tard le 19 mai 2026, tandis que la déclaration en ligne est ouverte avec des échéances variant selon la zone de résidence : 21 mai, 28 mai ou 4 juin 2026. (impots.gouv.fr)
Les cases et notices utiles
La notice de la déclaration 2042 rappelle aussi les cases 6QS, 6QT et 6QU pour les versements liés à l’épargne retraite à prendre en compte dans le plafond de déduction, notamment l’abondement employeur sur PERECO et les droits CET affectés dans certaines limites. La même documentation renvoie à la notice 2041-GX pour le calcul du plafond de déduction et la mutualisation éventuelle avec le conjoint ou le partenaire de Pacs. Autrement dit, la déclaration ne se limite pas à une case unique : elle s’articule avec la mécanique globale de l’épargne retraite. (impots.gouv.fr)
Transférer un PER COL-I en cas de changement d’entreprise
Le transfert est possible. Si vous changez d’entreprise, votre PER d’entreprise collectif peut être transféré vers le PER de votre nouvel employeur ou vers un PER individuel. Si vous restez dans la même entreprise, le transfert demeure possible, mais dans la limite d’un transfert tous les trois ans. Le transfert est gratuit après cinq ans de détention, et plafonné à 1 % de l’encours avant ce seuil. D’un point de vue pratique, il s’agit d’un changement d’enveloppe de retraite, non d’une sortie en cash : la fiscalité se joue donc surtout à la liquidation finale, ce qui est la conséquence logique du régime de transfert décrit par Service-Public.
FAQ sur l’intéressement et le PER COL-I
Comment se fait l’articulation entre l’intéressement, la participation et le PER COL-I dans le cadre d’une exonération d’impôt ?
Le principe est simple : si les sommes sont perçues en cash, elles sont en principe imposables comme des salaires ; si elles sont affectées au PER COL-I dans les délais et selon les règles du plan, l’exonération d’impôt sur le revenu peut être maintenue. L’intéressement est soumis à un délai de quinze jours pour l’affectation, alors que la participation obéit à sa propre logique d’indisponibilité. Le PER COL-I sert donc de support d’exonération à l’entrée, sous réserve du respect des conditions légales.
Quelles sont les conditions d’exonération et les plafonds pour les sommes versées au PER COL-I issues de l’intéressement et de la participation ?
Le plafond est, en pratique, celui des trois quarts du PASS. En 2026, cela représente 36 045 € par bénéficiaire, pour l’intéressement comme pour la participation placés sur le plan. Pour l’intéressement, l’affectation doit intervenir dans les quinze jours suivant la perception. Pour la participation, il faut respecter la période d’indisponibilité prévue par le plan et les règles propres à l’accord. Au-delà du plafond, l’excédent redevient imposable selon les règles des traitements et salaires. (urssaf.fr)
Quelles exonérations sociales et fiscales s’appliquent aux versements PER COL-I issus de l’intéressement et de la participation ?
Sur le plan fiscal, les sommes correctement affectées au PER COL-I sont exonérées d’impôt sur le revenu à l’entrée dans la limite des plafonds applicables. Sur le plan social, il faut distinguer les cotisations de Sécurité sociale, la CSG-CRDS et les contributions employeur : l’Urssaf identifie clairement les primes d’intéressement et de participation parmi les éléments soumis à CSG-CRDS, tandis que le plan doit être déposé pour ouvrir droit aux exonérations sociales attachées à l’épargne salariale. Le bon régime dépend donc du circuit exact des sommes. (urssaf.fr)
Peut-on transférer les sommes d’un PER COL-I en cas de modification de l’entreprise et quelles en sont les implications fiscales ?
Oui. En cas de changement d’employeur, le PER d’entreprise collectif peut être transféré vers le plan de la nouvelle société ou vers un PER individuel. Si vous êtes encore dans l’entreprise, le transfert est limité à un tous les trois ans ; il est gratuit après cinq ans de détention, puis peut être facturé dans la limite de 1 % de l’encours. Fiscalement, l’intérêt du transfert est de rester dans l’enveloppe retraite : on n’est pas, en pratique, dans une liquidation immédiate de l’épargne.
Comment déclarer les sommes versées au PER COL-I liées à l’intéressement et à la participation lors de l’impôt sur le revenu ?
Si les sommes ont été versées immédiatement, elles doivent être déclarées dans les cases 1AJ à 1DJ de la déclaration de revenus. Si elles ont été correctement affectées au PER COL-I et sont exonérées à l’entrée, elles ne doivent pas être reportées comme salaire. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, gardez en tête les dates limites : 19 mai 2026 pour le papier, puis 21 mai, 28 mai ou 4 juin 2026 en ligne selon la zone. La cohérence entre le bulletin, le plan et la déclaration est essentielle.
Et maintenant ?
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