Déclarer vos crypto en 2026 ne s’improvise pas.
Pour la déclaration des revenus 2025 (campagne fiscale 2026), le formulaire n°2086 est l’annexe dédiée aux plus-values et moins-values réalisées lors de cessions d’actifs numériques (cryptomonnaies, certains jetons, etc.) relevant de l’article 150 VH bis du CGI. Il s’articule notamment avec la 2042 C (cases 3AN / 3BN) et, le cas échéant, avec le 3916-bis si vous détenez des comptes d’actifs numériques à l’étranger.
Important : le présent article est rédigé à des fins strictement informatives et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles applicables dépendent de votre situation, de la qualification de vos opérations et des justificatifs disponibles. Pour un accompagnement, vous pouvez contacter NBE Avocats.
Pour en savoir plus sur le cabinet et ses domaines d’intervention, vous pouvez consulter le site NBE Avocats, ainsi que les pages Droit fiscal et Droit NTIC.
À quoi sert le formulaire 2086 et qui doit le remplir en 2026 ?
Le formulaire 2086 (annexe à la déclaration de revenus) permet de détailler, opération par opération, les cessions imposables d’actifs numériques et d’aboutir à une plus-value (ou moins-value) annuelle à reporter sur la déclaration principale. La version officielle est accessible sur le site de la DGFiP : Formulaire n°2086 – impots.gouv.fr.
En pratique, vous êtes concerné si, en 2025, vous (ou un membre du foyer fiscal, ou une personne rattachée) avez réalisé une ou plusieurs cessions à titre onéreux d’actifs numériques (au sens fiscal) dans votre patrimoine privé, au-delà des opérations qui bénéficient d’un sursis ou qui ne constituent pas des cessions imposables.
Particulier « occasionnel » ou activité professionnelle : la qualification change tout
La DGFiP distingue les cessions réalisées à titre particulier (régime de l’article 150 VH bis) et celles réalisées à titre professionnel (imposition en BIC ou BNC selon les situations). La documentation officielle résume cette distinction et les conséquences déclaratives : Comment déclarer les plus ou moins-values sur cessions d’actifs numériques ? – impots.gouv.fr.
Si vos opérations relèvent d’une activité professionnelle, le 2086 n’est en principe pas l’outil central : la déclaration se fait dans les catégories professionnelles correspondantes. En cas de doute, une analyse factuelle (fréquence, moyens, organisation, intention, etc.) est indispensable.
Quelles opérations crypto déclenchent une imposition (et donc un 2086) ?
Le fait générateur d’imposition est la cession à titre onéreux d’actifs numériques ou de droits s’y rapportant, à l’exclusion des échanges sans soulte entre actifs numériques (sursis d’imposition). Ces principes sont commentés par l’administration dans le BOFiP : BOI-RPPM-PVBMC-30-30 – bofip.impots.gouv.fr et BOI-RPPM-PVBMC-30-10 – bofip.impots.gouv.fr.
- Vente contre euros (ou autre monnaie ayant cours légal) : imposable (ex. BTC → EUR).
- Achat d’un bien ou d’un service payé en crypto : imposable (ex. paiement en ETH d’un ordinateur, d’un abonnement, d’un voyage).
- Échange crypto contre crypto avec soulte (par exemple si une composante en monnaie ayant cours légal est versée/reçue) : imposable.
- Échange crypto contre crypto sans soulte : en principe non imposable l’année de l’échange (sursis) et non déclaratif au titre du 2086, selon le BOFiP.
- Transfert entre vos propres wallets / plateformes (sans cession) : non imposable en tant que tel, mais à documenter soigneusement pour la traçabilité.
Attention aux stablecoins, aux cartes crypto et aux « conversions » intermédiaires
Un stablecoin (ex. USDT, USDC) est généralement traité comme un actif numérique : un échange crypto → stablecoin sans soulte n’est pas, en principe, une cession imposable l’année de l’échange (sursis). En revanche, la conversion stablecoin → euros ou l’usage du stablecoin pour payer un bien/service déclenche en principe une cession taxable (à documenter et à intégrer dans le 2086).
Calendrier fiscal 2026 : dates limites pour déclarer vos cessions crypto de 2025
Les dates varient selon votre département (zones). Pour la campagne 2026 (revenus 2025), le calendrier officiel publié par Bercy indique notamment : ouverture du service en ligne le 9 avril 2026, et dates limites par zone. Source : Calendrier de la déclaration en 2026 – economie.gouv.fr.
- Déclaration en ligne : jusqu’au 21 mai 2026 (zone 1 : départements 01 à 19 et non-résidents), 28 mai 2026 (zone 2 : 20 à 54), 4 juin 2026 (zone 3 : 55 à 974 et 976).
- Déclaration papier (cas résiduels) : dépôt au plus tard le 19 mai 2026.
Conseil pratique : n’attendez pas la dernière semaine. La difficulté n’est pas l’interface, mais la reconstitution fiable de l’historique (prix, frais, valorisations, transferts, etc.).
Comment calculer le montant imposable : la méthode « portefeuille global » (article 150 VH bis)
Le régime de l’article 150 VH bis repose sur une logique spécifique : la plus-value de chaque cession se calcule en tenant compte de la valeur globale de votre portefeuille au moment de la cession, et du prix total d’acquisition du portefeuille.
Plus ou moins-value brute = Prix de cession – [Prix total d’acquisition × Prix de cession / Valeur globale du portefeuille].
Cette formule figure dans la notice du formulaire 2086 (DGFiP) : Formulaire 2086 (PDF) – impots.gouv.fr. Remarque : l’annexe 2086 à utiliser dans votre espace en ligne est celle correspondant à la campagne 2026 (revenus 2025) ; la structure (lignes et rubriques) demeure très proche d’un millésime à l’autre.
Étape 1 : déterminer la valeur globale du portefeuille au moment de la cession
La valeur globale correspond à la somme des valeurs, évaluées au moment de la cession imposable, de tous les actifs numériques et droits s’y rapportant détenus avant la cession (toutes plateformes et wallets confondus). Référence BOFiP : BOI-RPPM-PVBMC-30-20 – bofip.impots.gouv.fr.
Étape 2 : reconstituer le prix total d’acquisition du portefeuille
Le « prix total d’acquisition » ne se limite pas au dernier achat de la crypto cédée : il s’apprécie au niveau de l’ensemble du portefeuille, en appliquant les règles du BOFiP (acquisitions à titre onéreux, acquisitions à titre gratuit, soultes, etc.). Pour un cadre juridique complet, vous pouvez consulter l’article 150 VH bis sur Légifrance : CGI – article 150 VH bis (Actifs numériques) – legifrance.gouv.fr.
Exemple chiffré (pédagogique) : calcul d’une plus-value sur une cession en 2025
Exemple fictif, à but pédagogique (les chiffres ne reflètent pas une donnée « officielle », ils illustrent la méthode).
Vous détenez avant cession :
- 1 BTC (acheté 20 000 €).
- 2 ETH (achetés 2 000 € chacun, soit 4 000 €).
Votre prix total d’acquisition du portefeuille est donc de 24 000 €.
Le 15 septembre 2025, vous vendez 0,5 BTC contre 25 000 € (frais supposés nuls pour simplifier). Au moment de la vente, la valeur de votre portefeuille juste avant cession est estimée à :
- BTC : 1 BTC vaut 50 000 €.
- ETH : 2 ETH valent 3 000 € chacun, soit 6 000 €.
La valeur globale du portefeuille est donc de 56 000 €.
Calcul (formule 150 VH bis) :
- Prix de cession = 25 000 €.
- Quote-part du prix total d’acquisition imputable à la cession = 24 000 × (25 000 / 56 000) ≈ 10 714 €.
- Plus-value brute ≈ 25 000 − 10 714 = 14 286 €.
Ce résultat alimente ensuite votre total annuel (somme des plus-values et moins-values) à reporter sur la 2042 C.
Remplir le formulaire 2086 en pratique : lignes clés et report sur la 2042 C
Déclaration en ligne : où se trouve l’annexe 2086 ?
Dans la déclaration en ligne, l’annexe 2086 se sélectionne via l’étape « Déclarations annexes ». La DGFiP rappelle que le total calculé via l’annexe alimente automatiquement la case 3AN (plus-value) ou 3BN (moins-value) : impots.gouv.fr – cessions d’actifs numériques.
Lecture « ligne par ligne » : que mettre dans les cases du 2086 ?
Le formulaire 2086 (papier) présente des rubriques qui servent aussi de repères pour l’interface en ligne. Voici les champs les plus structurants (terminologie et numérotation visibles sur le PDF officiel) : Formulaire 2086 (PDF) – impots.gouv.fr.
- Ligne 211 : date de la cession.
- Ligne 212 : valeur globale du portefeuille au moment de la cession (tous actifs numériques confondus).
- Lignes 213 à 218 : détermination du prix de cession (prix, frais, éventuelle soulte, prix net).
- Lignes 220 à 223 : détermination du prix total d’acquisition du portefeuille (avec retraitements : fractions de capital initial, soultes antérieures, etc.).
- Calcul de la plus-value / moins-value : le formulaire applique la formule intégrant le rapport entre le prix de cession et la valeur globale du portefeuille.
- Ligne 224 : plus-value ou moins-value globale du déclarant (somme des cessions).
Seuil d’exonération à 305 € : que signifie-t-il concrètement ?
Le formulaire 2086 prévoit un récapitulatif au niveau du foyer fiscal : si le total des prix de cession (et non le total des gains) est inférieur ou égal à 305 € sur l’année, les cessions sont exonérées ; au-delà, elles sont imposables. Cette mention figure explicitement dans le récapitulatif du 2086 : Formulaire 2086 (PDF) – impots.gouv.fr.
Même en cas d’exonération, la logique déclarative impose de pouvoir justifier les opérations et, selon les cas, de renseigner les prix de cession des opérations exonérées, conformément aux instructions de l’imprimé.
Quel taux d’imposition en 2026 ? PFU, option pour le barème, et cases à cocher
Pour les cessions relevant du patrimoine privé, la DGFiP indique une taxation au PFU de 31,4 % (décomposition mentionnée : 12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) « quel que soit le nombre de transactions ». Source : impots.gouv.fr – cessions d’actifs numériques. Pour un éclairage sur l’évolution du PFU, voir également : Service-Public Entreprendre – évolution du taux du PFU.
Vous pouvez, dans certains cas, opter pour le barème progressif si cela vous avantage. La DGFiP précise que cette option s’exerce en cochant la case 3CN sur la 2042 C, et qu’elle est globale pour l’ensemble des plus-values d’actifs numériques du foyer (option expresse et irrévocable pour l’année). Références : notice 2086 (PDF) et FAQ DGFiP.
Le formulaire 2086 permet-il de déclarer des pertes crypto ? Oui, mais avec une limite importante
Oui : si votre total annuel ressort en moins-value, il est reporté en 3BN. Attention toutefois : la DGFiP précise que la moins-value n’est imputable que sur des plus-values de même nature de la même année et ne se reporte pas sur les années suivantes. Source : impots.gouv.fr – cessions d’actifs numériques (et rappelé sur la notice du 2086).
Conséquence pratique : une année « rouge » (moins-value globale) ne crée pas un « stock » de pertes reportables pour effacer des gains futurs. Cette règle doit être intégrée dans votre pilotage fiscal, sans pour autant conduire à des arbitrages hâtifs : toute décision doit tenir compte des risques (marché, liquidité, preuve, qualification, etc.).
Déclarer vos comptes crypto à l’étranger : le 3916-bis (souvent en plus du 2086)
Indépendamment des plus-values, si vous avez un compte d’actifs numériques ouvert, détenu, utilisé ou clos auprès d’un opérateur établi à l’étranger, vous devez le déclarer via le formulaire 3916 / 3916-bis (obligation prévue par l’article 1649 bis C du CGI). Source DGFiP : Modalités de déclaration des comptes d’actifs numériques détenus à l’étranger – impots.gouv.fr et accès au formulaire : Formulaire 3916-3916 bis – impots.gouv.fr.
- En pratique, la déclaration des comptes à l’étranger se fait via « Déclarations annexes » dans votre parcours en ligne.
- La déclaration est, en principe, une déclaration par compte (un exchange étranger = un compte à déclarer).
- Un wallet non custodial (clé privée sous votre contrôle) ne se confond pas nécessairement avec un « compte » auprès d’un prestataire établi à l’étranger ; l’analyse dépend des modalités de détention et du rôle de l’intermédiaire.
Sanctions en cas d’oubli : montants à connaître
Le défaut de déclaration d’un compte d’actifs numériques à l’étranger est susceptible d’entraîner une amende, avec majoration selon la valeur vénale des portefeuilles. La base légale figure dans le CGI (article 1736, X) sur Légifrance : CGI – article 1736 – legifrance.gouv.fr. Le formulaire officiel 3916/3916-bis rappelle également ces éléments : Formulaire 3916 / 3916-bis (PDF) – impots.gouv.fr.
Justificatifs, traçabilité, et contrôle : que conserver (au-delà du formulaire) ?
La difficulté fiscale des actifs numériques est souvent probatoire. En cas de contrôle, l’administration attend une reconstitution cohérente : chronologie, transferts, correspondances entre plateformes, justificatifs de prix, etc.
- Exports CSV de chaque plateforme (trades, dépôts, retraits, conversions, frais).
- Historique des transferts entre adresses (hash, date/heure, montant, réseau).
- Méthode de valorisation retenue pour la valeur globale du portefeuille (prix de marché et source, au moment de chaque cession imposable).
- Justificatifs des frais (frais de trading, frais de réseau lorsque pertinents, etc.).
- Documentation des événements atypiques (hard fork, airdrop, pertes, hacks), en restant prudent : toutes les pertes « économiques » ne sont pas nécessairement des moins-values fiscalement imputables.
Erreurs fréquentes sur le 2086 (et comment les éviter)
- Ne valoriser que l’exchange où vous vendez : la valeur globale du portefeuille inclut tous vos wallets et plateformes, pas seulement le compte utilisé.
- Oublier les achats payés en crypto (cartes crypto, paiements directs) : ils constituent souvent des cessions imposables.
- Confondre échange sans soulte et cession taxable : un échange crypto-crypto sans soulte est en principe en sursis, mais dès qu’une soulte intervient, l’opération peut devenir imposable.
- Ignorer les comptes à l’étranger : la déclaration 3916-bis est indépendante du 2086 et peut s’appliquer même sans plus-value.
- Reporter une moins-value sur l’année suivante : le régime 150 VH bis ne prévoit pas, en principe, de report des moins-values.
FAQ – Formulaire 2086 et déclaration crypto en 2026
Comment déclarer les plus-values de cession d’actifs numériques avec le formulaire 2086 en 2026 ?
Vous devez détailler, dans l’annexe 2086, chaque cession imposable réalisée en 2025 (vente contre euros, achat d’un bien/service en crypto, échange avec soulte). L’annexe calcule une plus-value/moins-value par opération selon la formule 150 VH bis, puis totalise au niveau du foyer fiscal. En déclaration en ligne, le total alimente ensuite automatiquement la case 3AN (plus-value) ou 3BN (moins-value) de la 2042 C. Conservez vos historiques (trades, transferts, frais) pour justifier les montants déclarés.
Quelles sont les cases exactes à remplir sur le formulaire 2086 pour les crypto en 2026 ?
Les rubriques structurantes portent notamment sur : la date de cession, la valeur globale du portefeuille au moment de la cession, le prix de cession (et ses ajustements : frais, soulte), puis le prix total d’acquisition du portefeuille (avec retraitements) afin de déterminer la plus-value/moins-value. Le formulaire prévoit ensuite un récapitulatif « foyer fiscal » et le report vers la 2042 C : 3AN en cas de plus-value globale, 3BN en cas de moins-value globale. En pratique, l’interface en ligne reprend ces champs.
Le formulaire 2086 permet-il de déclarer des pertes sur des cryptomonnaies et comment les reporter ?
Oui, si vos cessions imposables de 2025 aboutissent à une moins-value globale annuelle, celle-ci est déclarée via l’annexe 2086 et reportée en case 3BN de la 2042 C. La limite essentielle est la suivante : selon la doctrine administrative, la moins-value ne s’impute que sur des plus-values de même nature de la même année, et elle ne se reporte pas sur les années suivantes. Une perte « économique » (ex. baisse de valeur non réalisée) n’est pas une moins-value fiscale tant qu’il n’y a pas de cession imposable.
Comment calculer le montant imposable des cessions de cryptomonnaies sur le formulaire 2086 pour l’année 2025 (déclaration en 2026) ?
Le calcul se fait cession par cession, en utilisant la valeur globale de votre portefeuille au moment de chaque cession. La plus-value brute est égale au prix de cession diminué d’une fraction du prix total d’acquisition du portefeuille, fraction déterminée par le rapport « prix de cession / valeur globale du portefeuille ». Autrement dit, le régime ne fonctionne pas comme une simple différence « prix de vente – prix d’achat » de l’actif vendu. La qualité des valorisations (date/heure, source de prix) est déterminante.
Faut-il déclarer les comptes d’actifs numériques détenus à l’étranger via le formulaire 3916-bis en même temps que le 2086 en 2026 ?
Oui, très souvent. Le 2086 concerne les plus-values/moins-values de cessions imposables. Le 3916-bis vise une autre obligation : déclarer les comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos auprès d’opérateurs établis à l’étranger (généralement des exchanges). La déclaration 3916/3916-bis se fait en annexe de la déclaration de revenus, via le même parcours « Déclarations annexes ». Elle peut être exigée même si vous n’avez réalisé aucune cession imposable en 2025.
Et maintenant ?
La fiscalité des actifs numériques combine qualification (particulier/professionnel), calcul « portefeuille global », obligations annexes (3916-bis), et enjeux probatoires. Si vous souhaitez sécuriser votre déclaration 2026 (revenus 2025) ou être assisté en cas de question ou de contentieux, vous pouvez consulter les ressources Droit fiscal et Droit NTIC, puis contacter NBE Avocats via le formulaire dédié.





