Comprendre la fiscalité du staking crypto en 2026
Le staking de cryptomonnaies n’échappe pas à l’impôt.Pour un contribuable domicilié fiscalement en France, les récompenses issues du staking et la cession ultérieure des tokens ainsi acquis relèvent de régimes fiscaux distincts : d’une part les revenus d’activité (en général en BNC), d’autre part les plus-values d’actifs numériques au titre de l’article 150 VH bis du CGI. Les obligations déclaratives sont, elles aussi, spécifiques et se renforcent avec les nouvelles règles de transparence adoptées depuis 2024–2025.Les développements qui suivent sont fondés sur les textes officiels (Code général des impôts, BOFiP, doctrine de Bercy, notamment sur les plus-values d’actifs numériques et le minage) et sur la pratique observée au 1er trimestre 2026. Ils sont fournis à titre strictement informatif et général : ils ne constituent ni un conseil fiscal personnalisé, ni une prise de position opposable de l’administration. Pour toute décision engageante, un examen individualisé avec un avocat est indispensable.Le cabinet NBE Avocats, qui intervient régulièrement en fiscalité des actifs numériques pour des particuliers, investisseurs et entreprises, accompagne ses clients dans la sécurisation de leurs structures de détention et de leurs déclarations.
1. Staking de cryptomonnaies : mécanisme et enjeux fiscaux
1.1. Rappel technique : qu’est-ce que le staking ?
Le staking consiste à immobiliser ou déléguer des cryptomonnaies afin de participer à la validation des transactions ou à la sécurisation d’une blockchain (protocoles de type « proof of stake » et variantes). En contrepartie, l’utilisateur perçoit des récompenses (intérêts, nouveaux tokens, frais de transaction partagés, etc.).Dans la pratique, on distingue plusieurs configurations :
- Staking direct on-chain : l’utilisateur opère un nœud validateur et bloque lui-même ses tokens sur le protocole.
- Staking délégué : les tokens sont délégués à un validateur qui redistribue une partie des récompenses.
- Staking via plateforme centralisée : une plateforme (souvent étrangère) agrège les fonds des clients et reverse un rendement en crypto.
- Liquid staking / dérivés : l’utilisateur reçoit un token représentatif de sa position stakée (par exemple un dérivé de type « stETH »), qu’il peut ensuite réutiliser en DeFi.
Sur le plan juridique français, ces opérations s’inscrivent dans la catégorie des « actifs numériques » au sens du Code monétaire et financier, et leurs conséquences fiscales doivent être rattachées soit à des revenus d’activité, soit à des plus-values de cession d’actifs numériques.
1.2. Pourquoi la qualification fiscale du staking est déterminante
Le point central n’est pas tant la technologie employée que la qualification du flux :
- Les récompenses de staking (tokens reçus périodiquement) sont assimilées à un revenu ;
- La revente ultérieure de ces tokens (ou leur utilisation pour payer un bien ou un service) génère, elle, une plus ou moins-value d’actifs numériques.
Cette distinction commande :
- la catégorie de revenus (BNC, éventuellement BIC, voire débats doctrinaux sur des revenus de capitaux mobiliers) ;
- le taux d’imposition (barème progressif de l’impôt sur le revenu, prélèvement forfaitaire unique – PFU – de 30 % pour les plus-values d’actifs numériques, etc.) ;
- les formulaires déclaratifs (2042 C PRO / 2035 pour les BNC, 2086 et 2042 C pour les plus-values d’actifs numériques) ;
- et, le cas échéant, les cotisations sociales applicables.
Une erreur de qualification (par exemple, traiter un flux récurrent de staking comme une simple plus-value occasionnelle) peut conduire à un redressement significatif, avec intérêts de retard et, potentiellement, pénalités.
2. Quel régime fiscal pour le staking crypto en 2026 ?
2.1. Revenus vs plus-values : deux temps fiscaux distincts
Le droit positif français distingue clairement :
- Les plus-values de cession d’actifs numériques réalisées à titre occasionnel par des particuliers, soumises au régime de l’article 150 VH bis du CGI et, en principe, au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), avec une exonération lorsque le total annuel des prix de cession n’excède pas 305 € (economie.gouv.fr) ;
- Les revenus d’activité (bénéfices non commerciaux – BNC –, bénéfices industriels et commerciaux – BIC –, etc.), qui relèvent du barème progressif de l’impôt sur le revenu et, en principe, de régimes sociaux spécifiques.
Le staking se situe au croisement de ces deux logiques :
- Les tokens reçus en récompense s’apparentent à une contrepartie de la participation au fonctionnement du réseau ;
- La revente ou l’utilisation de ces tokens génère ensuite une plus ou moins-value sous le régime des actifs numériques.
2.2. Enseignements du régime du minage : un ancrage en BNC
Le Conseil d’État et l’administration fiscale ont, dès 2018, qualifié les gains de minage de cryptomonnaies de bénéfices non commerciaux (BNC), lorsque ces gains constituent la contrepartie de la participation du contribuable à la création ou au fonctionnement d’un système d’unité de compte virtuelle. Cette doctrine figure au paragraphe 1080 du BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-40 (bofip.impots.gouv.fr).Selon ce texte :
- les produits tirés du minage sont susceptibles de relever de l’article 92 du CGI (BNC) ;
- le résultat imposable est déterminé selon les règles de droit commun des BNC ;
- la valeur d’acquisition des cryptos attribuées gratuitement est réputée nulle pour le calcul du résultat BNC.
En pratique, une grande partie de la doctrine spécialisée – dont de nombreux commentaires administratifs et professionnels – applique par analogie ce raisonnement aux activités de staking, de masternodes ou de participation à la validation des transactions dans un dispositif d’enregistrement électronique partagé (DEEP). (rfcomptable.grouperf.com)
2.3. Le cas spécifique du staking : BNC, BIC ou revenus mobiliers ?
À ce jour, aucun article du CGI ne vise explicitement le « staking ». Plusieurs pistes d’interprétation coexistent :
- BNC par analogie avec le minage : approche soutenue par une large partie de la doctrine, consistant à considérer que les récompenses de staking rémunèrent une participation à la validation des transactions et relèvent de l’article 92 du CGI (BNC), à tout le moins lorsque le contribuable agit pour son propre compte et hors cadre professionnel structuré. (bofip.impots.gouv.fr)
- BIC pour les activités organisées à titre professionnel (infrastructure dédiée, clientèle, facturation de services, etc.), sur le modèle des mineurs professionnels ou des opérateurs de nœuds agissant dans un cadre entrepreneurial. (bofip.impots.gouv.fr)
- Revenus de capitaux mobiliers : certains auteurs ont défendu, plus récemment, l’idée qu’un staking très « passif » assimilable à la perception d’intérêts sur une créance en actifs numériques pourrait relever des revenus de capitaux mobiliers imposés au PFU. Toutefois, à ce stade, cette lecture ne repose pas sur une doctrine BOFiP stabilisée et demeure incertaine. (ledroit.fr)
Un projet de loi de finances pour 2024 avait envisagé de consacrer expressément en BNC les bénéfices issus des activités de « mining » et de « staking » d’actifs numériques, mais cette mesure a finalement été abandonnée lors de l’adoption définitive du texte (kpmg.com). Le législateur n’a donc pas tranché formellement, mais la trajectoire reste cohérente avec une approche dominante en BNC (ou BIC pour les professionnels).En pratique, au 1er trimestre 2026, pour un particulier qui stake ses cryptomonnaies à titre personnel, la solution la plus prudente, en phase avec la doctrine relative au minage, consiste à :
- déclarer les récompenses de staking en BNC (micro-BNC ou déclaration contrôlée) ;
- puis traiter la revente des tokens ainsi reçus en plus-values d’actifs numériques (article 150 VH bis), en prenant pour prix d’acquisition la valeur retenue lors de l’imposition en BNC (bofip.impots.gouv.fr).
Cette analyse doit toutefois être validée au cas par cas, notamment lorsque les montants deviennent significatifs ou que l’activité de staking s’inscrit dans une logique professionnelle ou quasi-professionnelle.
2.4. Activités professionnelles ou quasi-professionnelles
Indépendamment du staking, l’administration a déjà précisé que les gains de trading d’actifs numériques réalisés dans des conditions analogues à celles d’une activité professionnelle peuvent relever des BNC (quasi-professionnels) ou des BIC, selon les cas, en fonction d’un faisceau d’indices : importance des moyens engagés, sophistication des techniques d’investissement, compétences et formation du contribuable, etc. (bofip.impots.gouv.fr)Appliqué au staking, cela signifie qu’un opérateur qui déploie une infrastructure significative, propose des services à des tiers ou intègre le staking dans une activité globale de services sur actifs numériques pourra être imposé :
- en BIC (activité commerciale ou de services) s’il existe une clientèle et une organisation assimilables à une entreprise ;
- éventuellement en BNC quasi-professionnels lorsque l’activité est prépondérante mais ne correspond pas exactement à un schéma commercial classique.
Dans ces hypothèses, la structuration via une société (soumise à l’IS) ou un statut professionnel adapté, ainsi que la coordination avec la réglementation des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN), doivent être anticipées.
3. Calculer et imposer ses revenus de staking
3.1. Moment de l’imposition et valorisation des récompenses
En BNC, le principe est l’imposition des recettes dès leur perception, à leur valeur de marché au jour de la perception, même si les tokens ne sont pas immédiatement convertis en euros. Ce principe découle du droit commun des BNC et de la doctrine relative au minage, qui retient la valeur des actifs numériques au moment où ils sont attribués (bofip.impots.gouv.fr).Concrètement :
- à chaque attribution de récompenses de staking, il convient de relever :
- la date ;
- le nombre de tokens reçus ;
- leur cours en euros (oracle de prix fiable, cotation d’un exchange de référence) ;
- la somme de ces valeurs sur l’année constitue vos recettes BNC brutes de staking.
Cette approche suppose une traçabilité fine (exports .csv, relevés de wallets, historiques de prix), d’autant plus que les protocoles de liquid staking et de réinvestissement en DeFi peuvent multiplier les flux.
3.2. Micro-BNC ou déclaration contrôlée ?
Pour les revenus de staking qualifiés en BNC, deux grands régimes sont envisageables :
- Micro-BNC (article 102 ter du CGI) : applicable si le montant annuel des recettes BNC (toutes activités confondues) ne dépasse pas 77 700 € pour les exercices 2023, 2024 et 2025 (impots.gouv.fr). L’administration applique alors un abattement forfaitaire de 34 % (avec un minimum de 305 €), sans possibilité de déduire les charges réelles.
- Régime de la déclaration contrôlée : au-delà du seuil, ou sur option, le contribuable tient une comptabilité, déduit ses charges (frais d’électricité, matériel informatique, abonnements, conseils, etc.) et déclare le résultat net.
Dans les deux cas, le résultat (ou la base abattue) est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, et, selon la situation, à des cotisations sociales de travailleur indépendant. Le choix du régime doit être apprécié globalement, en tenant compte du niveau de charges et de l’ensemble des revenus BNC du foyer fiscal.
3.3. Exemple chiffré simple (micro-BNC)
Supposons qu’en 2025 vous perceviez, via différentes plateformes de staking, des récompenses d’une valeur totale de 5 000 € (conversion en euros au jour de chaque attribution), sans autre revenu BNC.
- Vous relevez du micro-BNC car vos recettes sont inférieures à 77 700 €.
- La base imposable est de 5 000 € × (1 – 34 %) = 3 300 €.
- Si votre tranche marginale d’imposition (TMI) est de 30 %, le surcroît d’impôt sur le revenu lié au staking est, à titre indicatif, de 990 € (hors éventuelles cotisations sociales).
Ce calcul n’intègre pas les effets des décotes, du quotient familial ou des contributions sociales éventuelles. Il illustre simplement l’impact de l’abattement du micro-BNC et du barème progressif de l’impôt sur le revenu.
3.4. Exemple chiffré avec revente des tokens stakés
Reprenons le cas précédent, en ajoutant une cession en 2026 :
- En 2025, vous avez déclaré en BNC 5 000 € de récompenses de staking (valeur de marché à la réception), correspondant à 2 ETH.
- En 2026, vous vendez ces 2 ETH pour 7 000 €.
Pour la cession de 2026, vous relevez du régime de l’article 150 VH bis du CGI (plus-values d’actifs numériques) (bofip.impots.gouv.fr). Le prix d’acquisition des 2 ETH est la valeur déjà soumise à l’impôt en 2025, soit 5 000 €. La plus-value brute est donc de 7 000 – 5 000 = 2 000 €, soumise au PFU de 30 % (sauf option globale pour le barème).On évite ainsi une double imposition sur la même valeur, mais il reste indispensable de pouvoir démontrer, justificatifs à l’appui, la valorisation retenue lors de la perception des récompenses.
4. Obligations déclaratives 2026 liées au staking crypto
4.1. Déclarer les revenus de staking (BNC)
Pour la campagne déclarative 2026 (revenus 2025) :
- Si vous relevez du micro-BNC, vous déclarez le montant brut des recettes annuelles issues du staking dans la rubrique BNC / micro-entreprise de votre déclaration de revenus complémentaire (formulaire 2042 C PRO, télédéclaration en ligne). L’abattement de 34 % est appliqué automatiquement par l’administration.
- Si vous relevez de la déclaration contrôlée, vous devez en principe souscrire une déclaration professionnelle (formulaire 2035 et annexes), puis reporter le résultat net dans la 2042 C PRO.
Les échéances de dépôt suivent le calendrier habituel de la télédéclaration des revenus : ouverture au printemps, avec des dates limites échelonnées par département (généralement entre fin mai et mi-juin), le solde d’impôt étant appelé à l’automne suivant (nbe-avocats.fr). Il convient de se référer chaque année au calendrier officiel publié sur le site impots.gouv.fr.
4.2. Déclarer les plus-values de cession d’actifs numériques (article 150 VH bis)
Les plus-values (ou moins-values) réalisées lors de la cession d’actifs numériques (vente contre euros, paiement d’un bien ou service, conversion via une carte crypto, etc.) à titre occasionnel par un particulier doivent être déclarées selon le régime spécifique de l’article 150 VH bis du CGI (bofip.impots.gouv.fr). À ce titre :
- vous renseignez, pour chaque cession imposable, le détail de l’opération dans le formulaire n° 2086 (déclaration des plus ou moins-values sur actifs numériques) (legifiscal.fr) ;
- vous reportez ensuite le résultat global (plus-value nette ou moins-value) dans votre déclaration de revenus (formulaire 2042 C, rubrique « plus-values sur actifs numériques »), en choisissant le PFU ou, le cas échéant, l’option pour le barème progressif.
Les moins-values sur actifs numériques ne peuvent s’imputer que sur les plus-values de même nature, au titre de l’année ou des années suivantes, dans la limite du délai de report prévu (bofip.impots.gouv.fr).
4.3. Déclaration des comptes d’actifs numériques à l’étranger (formulaire 3916-bis)
Indépendamment de l’existence de plus-values ou de revenus de staking, les personnes physiques domiciliées en France et les entités non commerciales doivent déclarer, chaque année, les comptes d’actifs numériques détenus à l’étranger (plateformes d’échange, prestataires étrangers, cartes crypto adossées à un compte, etc.). Cette obligation résulte de l’article 1649 bis C du CGI et s’effectue via le formulaire n° 3916-bis annexé à la déclaration de revenus (impots.gouv.fr).Le défaut de déclaration est sanctionné par une amende de 750 € par compte non déclaré (portée à 1 500 € dans certains cas), indépendamment d’un éventuel redressement d’impôt. Cette obligation coexiste avec les nouvelles règles de déclaration automatique des transactions par les prestataires de services sur crypto-actifs, issues de la loi de finances pour 2025 et des normes européennes de coopération administrative (DAC8) (legifrance.gouv.fr).
4.4. Staking via plateformes étrangères et transparence accrue
Beaucoup de contribuables réalisent leur staking via de grandes plateformes internationales (Binance, Kraken, etc.), souvent établies hors de France. Outre l’obligation de déclaration des comptes (3916-bis), ces acteurs sont progressivement soumis à des obligations déclaratives automatiques envers les administrations fiscales des États membres de l’UE (réglementation MiCA, directive DAC8, article 1649 AC bis du CGI) (economie.gouv.fr).Concrètement, l’administration disposera de plus en plus d’informations sur les transactions de staking (récompenses, conversions, transferts), ce qui renforce l’enjeu de conformité et la pertinence d’une documentation complète de vos opérations.
5. Bonnes pratiques et gestion du risque fiscal
5.1. Traçabilité et archivage des opérations de staking
Une gestion rigoureuse de la fiscalité du staking suppose :
- de conserver systématiquement les exports de transactions (.csv, .pdf) fournis par les plateformes ;
- de garder des captures d’écran et justificatifs des valorisations en euros (oracles de prix, historiques de cotations) aux dates clés : perception des récompenses, cessions, swaps importants (nbe-avocats.fr) ;
- d’identifier précisément les tokens reçus via staking (et leur valorisation) afin de pouvoir les distinguer des tokens achetés contre des monnaies ayant cours légal.
L’utilisation d’outils d’agrégation spécialisés (notamment pour les opérations multi-chaines et DeFi) facilite cette reconstitution, mais n’exonère pas d’une revue critique. En cas de contrôle, la cohérence de la méthode et la capacité à reproduire les calculs seront déterminantes.
5.2. Anticiper la frontière entre gestion privée et activité professionnelle
Lorsque les montants en jeu deviennent significatifs, que l’activité se professionnalise (gestion de nœuds, services à des tiers, recours à un financement externe, etc.) ou que le staking s’inscrit dans une stratégie de trading intensif, la question de la requalification en activité professionnelle se pose avec acuité (bofip.impots.gouv.fr).Les conséquences peuvent être très importantes :
- passage d’un régime de PFU de 30 % sur les plus-values à une imposition au barème progressif dans la catégorie des BIC/BNC ;
- soumission à des obligations comptables et déclaratives plus lourdes ;
- éventuelle assujettissement à la TVA pour certaines prestations.
Une structuration en amont (choix entre exercice à titre individuel, société soumise à l’IS, etc.), en lien avec un avocat en droit fiscal, est souvent préférable à une régularisation a posteriori sous la contrainte d’un contrôle.
5.3. Staking, mobilité internationale et double imposition
Les contribuables mobiles (départ ou arrivée en France, télétravailleurs internationaux, dirigeants de sociétés crypto) doivent intégrer les spécificités de leurs conventions fiscales bilatérales. En l’absence de règles explicites sur les actifs numériques, la qualification retenue (revenus d’activité, revenus mobiliers, autres revenus, plus-values privées) influencera le partage du droit d’imposer entre États et les mécanismes d’élimination de la double imposition (nbe-avocats.fr).La mise en place d’une documentation permettant de retracer la résidence fiscale au fil du temps, la localisation des nœuds, la situation des comptes et la chronologie des opérations de staking est, dans ces cas, particulièrement recommandée.
FAQ : questions fréquentes sur la fiscalité du staking crypto
Le staking de cryptomonnaies est-il imposable en France même sans conversion en euros ?
Oui, en l’état du droit, les récompenses issues du staking sont, en principe, imposables dès leur perception, à leur valeur de marché en euros au jour de l’attribution, même si vous ne les vendez pas immédiatement. Cette approche découle du régime des bénéfices non commerciaux (BNC), appliqué par analogie au staking sur la base de la doctrine relative au minage (bofip.impots.gouv.fr). La revente ultérieure des tokens ainsi acquis relève ensuite du régime des plus-values sur actifs numériques (article 150 VH bis). Des exceptions ou aménagements peuvent exister pour certaines situations professionnelles, ce qui justifie une analyse au cas par cas.
Comment déclarer concrètement mes revenus de staking lors de la campagne 2026 ?
Pour les revenus 2025, vous devez d’abord déterminer la valeur totale en euros des récompenses de staking perçues sur l’année (conversion à la date de chaque attribution). Si vous relevez du micro-BNC, ce montant brut est reporté dans la déclaration complémentaire de revenus professionnels (2042 C PRO, rubrique BNC), l’administration appliquant elle-même l’abattement de 34 % (impots.gouv.fr). En régime de déclaration contrôlée, vous établissez une 2035 détaillant recettes et charges, puis reportez le résultat net dans la 2042 C PRO. Les plus-values de cession d’actifs numériques sont, elles, déclarées via le formulaire 2086 et la 2042 C.
Dois-je déclarer du staking effectué via une plateforme étrangère (Binance, Kraken, etc.) si je n’ai pas fait de retrait sur mon compte bancaire ?
Oui. D’une part, les récompenses de staking sont, en principe, imposables à leur valeur de marché dès leur attribution, indépendamment d’un retrait en euros. D’autre part, la détention d’un compte d’actifs numériques à l’étranger doit être déclarée via le formulaire 3916-bis, même en l’absence de plus-value imposable, sous peine d’amende (impots.gouv.fr). Enfin, à compter de 2025, les prestataires de services sur crypto-actifs sont tenus de transmettre automatiquement à l’administration fiscale des informations sur les transactions de leurs clients, ce qui renforce l’importance de la conformité déclarative.
Le staking de stablecoins est-il taxé différemment du staking d’autres cryptos ?
Sur le plan fiscal français, la qualification ne dépend pas du fait que le token soit un stablecoin ou un crypto-actif plus volatil, mais de la nature juridique du flux. Les récompenses perçues en stablecoins dans le cadre d’un mécanisme de staking ou de validation de transactions sont, en pratique, analysées de la même manière que celles perçues en ETH ou en autre crypto : revenu imposable (souvent en BNC), évalué à sa valeur en euros au jour de la perception (bofip.impots.gouv.fr). La revente ultérieure de ces stablecoins contre euros relève du régime des plus-values d’actifs numériques, comme pour tout autre actif numérique.
Que se passe-t-il si mes opérations de staking sont combinées avec du trading intensif ou d’autres activités DeFi ?
Dans ce cas, l’administration pourrait considérer que vous exercez une activité globale sur actifs numériques présentant un caractère professionnel ou quasi-professionnel. Les gains résultant de cette activité (staking, frais de liquidité, arbitrages fréquents, etc.) pourraient alors relever des BIC ou des BNC professionnels, avec une imposition au barème progressif, des obligations comptables complètes et, potentiellement, de la TVA pour certaines prestations (bofip.impots.gouv.fr). La frontière entre gestion patrimoniale et activité professionnelle étant délicate, une revue approfondie de vos flux et de votre organisation est vivement recommandée.
Et maintenant ? Sécuriser votre fiscalité de staking crypto
La fiscalité du staking crypto reste un domaine en évolution, à l’interface entre droit fiscal général, régulation des actifs numériques (MiCA, PSAN) et pratiques de marché en constante mutation. Pour un particulier ou un entrepreneur exposé à des montants significatifs, l’enjeu est double : optimiser le cadre d’imposition (choix des régimes, éventuelle structuration via une société) et réduire le risque de rehaussement (documentation, cohérence de la méthode, conformité déclarative).Les avocats de NBE Avocats, intervenant tant en droit fiscal qu’en droit des nouvelles technologies et des actifs numériques, peuvent vous assister pour :
- qualifier vos flux de staking, minage, DeFi, lending, etc. ;
- déterminer le régime (PFU, BNC, BIC, IS) le plus adapté à votre situation globale ;
- préparer ou sécuriser vos déclarations (2042 C PRO, 2035, 2086, 3916-bis) et votre documentation en cas de contrôle.
Pour obtenir un avis personnalisé et confidentiel, vous pouvez prendre rendez-vous via le formulaire de contact du cabinet. Un échange précoce permet souvent d’éviter des rectifications coûteuses et de structurer durablement vos investissements numériques.






